Salut les innombrables!
Aaaaaah...depuis le temps que l'avais en tete, cette merveilleuse blague,
ca fait du bien de la sortir enfin. Je me sens plus legere.
Bien.
Je vous ecris aujourd'hui de ?
De?
Ouiii, Angkor. Bravo! De Siem Reap en fait, la ville la plus proche.
Je vous avais une fois de plus laisses halletants de suspens,
vrilles a votre ordinateur, attendant avec une impatience brulante:
La suite.
La voici, ouaiiiiiis!
Je vous ecrivis donc rapidement de Phnom Penh (c'est comme ca que
ca s'ecrit, maintenant je sais). Mais avant, j'etais a Koh Kong, ou
le chemin a l'aller avait ete des plus decourageants -mais il nous
en aurait fallu plus pour nous decourager. Heureusement, a part
une attaque nucleaire ou une invasion de moussaka geante sanguinaire,
ca n'existe pas.
Le chemin du retour fut aussi glissant et collant de boue que je vous
l'ai laisse entendre dans mon precedent mail. Puis il fut aussi long
et atroce pour nos posterieurs (pourtant de plus en plus rembourres
etant donne 1.notre alimentation, 2.notre absence TOTALE d'exercice
physique) que 15 heures assis sur un parpaing pose sur une vieille
machine a laver tres bruyante en mode "essorage muscle" peuvent l'etre.
Nous arrivames a la nuit tombee a LA VILLE et trouvames le lit et non le
couvert dans une gentille auberge surprenamment nommee ANGKORchey
Guesthouse. (Devinette: Qu'est-ce qui n'arbore pas fierement ANGKOR
ecrit quelque part au Cambodge? Reponse: Les temples d'Angkor)
(Angkor m'inspire, encore et encore!). Cette Guesthouse contenait une
delicieuse blague architecturale -pour le touriste en pleine forme et
prevoyant de passer ses nuits Phnom-Penh-iennes au karaoke:
D'abord, il nous fallu grimper, grimper et grimper 6 escaliers interminables
et concus par des lilliputiens, pour des nains, pour arriver au 3eme etage.
Bon. Ensuite, apres des detours dans des couloirs concus par des chenilles
pour des mille-pattes, nous debouchames sur un long et etroit couloir
contenant des portes numerotees de part et d'autre.
"Insense!" me direz-vous. Oui, mais ce n'est pas tout. Vient : La Blague.
De chaque cote du couloir: 4 chambres -environ.
Dans chaque chambre: lits, et salle de douche-toilettes.
Chaque chambre etait separee de sa voisine par la fameuse "salle d'eau".
MAIS les murs de ladite salle de rafraichissement n'atteignaient PAS les
lointains plafonds! Pas du tout. Ce qui signifie que nous dumes dormir,
tant bien que mal, avec la tele (a fond les pistons) de nos voisins,
et surtout: la lumiere. Toute la nuit.
Autant vous le dire, en trois mots comme en cent:
Nuits de merde.
Sauf que en voyage, ou au Cambodge je ne sais pas, on se remet
tres vite de ce genre d'alea. Enfin JE. Je ne voudrais pas parler pour les
autres. Ca ne m'empecha pas d'apprecier grandement ce trop
court sejour a Phnom Penh. Nous commencames la journee
par une chasse (fructueuse) au billet d'avion pas cher pour Hanoi.
Apres le kouitiou de rigueur, je ne le mentionne meme plus...
Puis nous nous engouframes dans le Marche Central a l'architecture
epoustoublifiante et jaune-orange. Dans ce marche, il y avait
un monsieur qui louchait affreusement, ce qui lui donnait un air impenetrable
et une sorte de respectabilite, donc il lisait les lignes de la main
-des deux mains en fait-, et des trucs dans la forme du visage,
et AUSSI dans les cartes. Je ne sais pas pourquoi Lisa decida
de se faire lire les mains, les cartes, et la tete alouette.
Je fus poussee par une envie irrepressible de faire de meme.
Et je le fis. Sauf que pour moi, il commencait a fatiguer,
alors il fit beaucoup moins de trucs folkloriques que pour Lisa.
J'avais peur d'avoir peur de ses predictions, mais finalement,
c'etait tellement... tellement pas effrayant (il n'a pas devine
mon passe, ni tellement je pense mon futur) que je ne fus
pas effrayee du tout. Je verrai d'ici 2011 si ses predictions
s'averent justes.
Ensuite, apres un intermede avec la Police auquel je n'assistai
pas -soudain les eleves n'avaient pas le droit de dessiner le marche,
parce que soudain une loi venait d'etre etablie et il fallait remplir
un formulaire, le faire tamponner, bla bla bla... Bienvenue
au Royaume du Communisme et de la Corruption!-, nous primes
des tuk-tuks cambodgiens (contrairement aux tuk-tuks thailandais,
qui poussent en Thailande) et nous presentames, frais et
innocents (enfin moi), au Musee S-21. L'ancien lieu
d'emprisonnement et de torture des Khmers Rouges.
Je ressortis plus tres fraiche, ni innocente.
Lisa s'etait dispensee de la visite, l'ayant deja vu.
Bandol et les eleves ne dirent rien en sortant, a part:
"Allez, maintenant on est trop triste, on va voir le Palais Royal!".
Ce que nous fimes.
Mais juste l'exterieur, au bord du Mékong, assis dans l'herbe sous
les tamariniers. C'etait bien.
Je les quittai un petit moment pour me faire moto-dop-er
jusqu'a La Poste Centrale, seul endroit d'ou poster un truc si on
veut qu'il arrive un jour, parait-il.
Mais ne vous excitez pas, comme les cartes postales n'existent
pas au Cambodge, a part a Phnom Penh et a Angkor,
seuls Pepe et Grand'Mie et Pipapi recevront ces 2 cartes.
Si elles arrivent un jour.
Vous, si vous etes gentils, vous aurez quelque chose (de petit)
en mains propres.
La promenade en moto-dop dans Phnom Penh fut tres allechante...
Pour une prochaine fois.
Puis Lisa & moi rencontrames John Weeks, un ami a elle,
completement fou de bande dessinee, a tel point qu'il travaille a
ressusciter la bande dessinee khmer...
Puis nous dinames au bord du Mekong a la nuit tombee.
Le lendemain des potron minet, Lisa, dans le gaz complet,
et toute la bande, reparti en chevauchee rugissante, pour 250 km
(plus ou moins) direct jusqu'a Battambang.
Moi, dans le gaz aussi, je fis mon sac et me rendis a l'arret du bus
de 7h30 pour Siem Reap. Le bus parti a l'heure cambodgienne.
***Intermede "de l'heure cambodgienne":
Juliette, francaise, dit a Bandol: "Retrouvons nous a 8 heures!"
Bandol, khmer, dit: "D'accord!"
A 7h30 Bandol est la.
A 7h40 il s'impatiente.
A 7h45 il s'en va.
A 8h (au Cambodge Juliette fait un gros effort de ponctualite)
Juliette arrive.
Fin de l'intermede***
Au parfum, je me pointai a 6h30.
Grand bien me pris, car a 6h45 le bus partais!
C'est dingue, quand meme, non?
Et j'exagere pas du tout. Ca me laisse pantoise, ce truc...
Enfin comme il se doit je sympathisai avec les 2 autres blancs du bus.
Deux hongroises aux prenoms rudes, dont une femme a barbe.
Rasee, mais tout de meme.
Enfin, gentilles.
Je copinai aussi avec mon voisin tres fatigue, Chiarayia,
un tres gentil etudiant khmer vivant a Tokyo.
Et je savourai les videos de karaoke (la compil' special Plage
et la compil' Chansons Historiques) et de matchs de catch
americain spectaculaires que nous passait le conducteur.
Nous arrivames a Siem Reap a 13h, comme prevu.
Suants rapport au mirifique "air conditionne" qui ne nous avait
conditionne que jusqu'a la banlieue de Phnom Penh.
Les copines blanches et moi, nous tuk-tukames jusqu'au
Popular Hotel. S'ensuivirent un choix de chambre (pas chere
avec ventilateur et douche-froide-toilettes pour moi), une douche,
une omelette a la courgette, un voyage en tuk-tuk,
et un coucher de soleil au milieu de 200 000 personnes
au sommet d'un temple, a Angkor.
Puis: diner, tokolok avec les copines blanches Goobi et Kooti,
douche, dodo.
Ce matin, avec Goobi et Kooti, tuk-tuk avant le lever du soleil
jusqu'a Angkor. Et journee de promenade en pieds (soudain je retrouve
cette sensation grisante: marcher plus de 50 metres) et en tuk-tuk
dans et autour de temples. Pas tous, il y en a des TAS, mais 4 ou 5.
Dont celui, l'autre fameux (a part Angkor Wat) :
Celui qui est tout emmele dans les racines d'arbres geants.
He bien:
C'est
vraiment
tres
beau
.
C'est celui qui m'a le plus plu, bien sur.
Et puis aussi un long mur avec des elephants, des poissons, des histoires
avec des hommes, des femmes, un petit garcon, des lotus...
Etonamment j'ai reussi a voir des choses sans trop de touristes
comme moi partout. Tres appreciable.
Sinon un autre effet de Siem Reap, c'est que j'ai realise que je
n'avais pas vu autant de touristes blancs au metre carre depuis des lustres.
Apres la Khmer-Moto-Team et les bleds dans lesquels j'etais
une curiosite, ca fait tres bizarre... Tres desagreable en fait.
Mais bon, ainsi est faite Siem Reap maintenant:
Un nid a touristes ou tout est 100 fois plus cher et en toc qu'ailleurs...
Et l'argent ne va meme pas a l'etat, ni aux habitants.
Well... Quoi penser de ca et comment agir?
Je ne sais pas.
C'est quand meme fou de voir ces temples...
Demain a l'heure ou les oiseaux se font beaux pour aller au travail,
Goobi, Kooti & moi partirons prendre le BATEAU
jusqu'a Battambang. Je suis tres curieuse de voir ca!
6 ou 7 heures en bateau. Je pense que nous traverserons le
Tonle Sap, que je n'ai pas encore vu. Youpi!
Apres-demain, inch'boudha, Lisa & moi irons en bus jusqu'a Bangkok,
et apres-apres-demain, nous volerons de Bangkok a Hanoi.
Ca parait un peu bete comme trajet de retourner a Bangkok pour atteindre
Hanoi, mais c'est le plus rapide et le moins cher.
Nous passerons une petite semaine chez mon frere Gwenhael,
puis retour a Bangkok en avion, et enfin avion jusqu'a Paris.
Figurez-vous que malgre tout l'amour que vous me portez et reciproquement,
je n'ai pas DU TOUT envie de rentrer.
Mais alors PAS DU TOUT.
J'ai deja envie de revenir, ca, c'est sur.
D'ailleurs Bandol, avec son don pour predire l'avenir -qu'il a
surement achete au marche de Battambang-, affirme que bientot
je vivrai a Bangkok. Ou Hanoi, dit-il, mais plus certainement Bangkok.
Je crois qu'il dit ca parce qu'il me porte une grande admiration.
Il est TRES impressione par ma capacite a manger n'importe quoi,
meme chez les plus improbables marchands ambulants,
sans jamais tomber malade.
Et par la dose de piment que j'ingurgite avec plaisir.
Sa conclusion imparable est donc que mon estomac etant asiatique,
je ne peux m'epanouir pleinement qu'en Asie.
(Et oui, a Bangkok, tout est exquis).
Je suivrai peut-etre ses predictions, juste pour voir, un de ces jours...
(D'ailleurs aujourd'hui j'ai encore decouvert une delicieusete
khmer dans la rue: Dans une petite barquette, on rape de la chair
de coco a peine mure, sur des petites boules a base de farine
de riz, dans lesquelles sont dissimules des morceaux de
sucre de palme concasse... Miam miam miam...
Et un autre truc qu'un vieux monsieur muet grillait dans
une bassine metallique sur le trottoir:
Des sortes de boules aplaties de peut-etre manioc agglomere
avec de la coco et peut-etre autre chose... tres chaud, grille, c'est bon!)
Sur ces notes de patate chaude sucree grillee,
je vous laisse jusqu'a bientot et je vais boire un tokolok.
Tcheun Chgnagn (bon appetit)
et bises au riz!
dimanche 4 mars 2007
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