c'est le soir de mon deuxième jour de retour en France
et je vous reviens les doigts parfumés au gingembre frais,
au chou chinois découpé en lanières, à l'ail aussi, en tout petits cubes...
Je l'avoue, j'ai fait ce soir une recette viêtnamienne.
Je me sens comme amoureuse, l'Asie ne me quitte pas et j'ai envie
de dire à tous les passants, les Marseillais en route vers la maison une pizza à la main,
les prostiputes qui promènent leur chien, les clochards alcoolisés,
les barbus en djellabas, et aussi les petites minettes pomponnées à quatre épingles,
les jeunes hommes actifs en costard-cravate-mallette, les mamies fatiguées et les pépés solitaires,
et aussi, aussi, bien sûr, à tous les amis:
ALLEZ EN ASIE! FAITES VOS VALISES ET PARTEZ POUR LE VIÊTNAM!
ALLEZ DE MA PART TRINQUER AVEC LA CHAO PHRAYA D'UNE SINGHA BEER SERVIE AVEC DES GLAçONS!
Oui, je suis possédée, et je n'ai pas envie que la possession s'apaise...
Alors ce soir:
Salade à la viêtnamienne, avec vinaigrette selon la recette de la mère de Hàng.
Et pour demain soir, j'ai déjà préparé un délicieux plat viêtnamien
peu poétiquement appelé "Nouilles garnies à la Hanoïenne"
(où l'on constate à nouveau qu'Amélie J. avait bel & bie raison quant aux habitants de Hanoï...)
dont j'ai extirpé la recette d'un génial livre acheté au Musée Ethnographique de Hanoï:
Le titre à lui tout seul est une invitation à peine résistible à courir s'acheter un billet d'avion,
"Le Chant du Riz Pillé".
Dedans, sur les magnifiques pages qui sont un hybride de photocopies
et de papier journal et de papier à cigarette, on y trouve des recettes, of course,
mais aussi des illustrations parfois type gravure sur bois, parfois type illustrations gratuites
de banques d'images des années 80. Il y a même plusieurs pages en couleur avec des photographies
(un peu brouillées) des ingrédients, des herbes, des plats principaux, et des fruits qui sont quand même
difficilement imaginables quand on ne les a jamais rencontrés en personne...
J'aime ce livre.
Puisque je vous entends trépigner, je vous donne la recette que je me suis évertuée à composer.
MAIS j'interdis FORMELLEMENT aux personnes suivantes de lire ce qui va suivre,
étant donné que cette recette leur est destinée et que s'ils la connaissent déjà ce sera plus drôle.
(Enfin de toutes façons je l'ai Juliettisée, ce sera évidemment pas vraiment, exactement ça)
Mais quand même, vous, là:
Laurence L., Ariadne B., Anne-Sophie l'Américaine, et Brian le Français,
arrêtez tout de suite votre lecture et sautez au paragraphe suivant!
C'est un ordre. Si vous ne l'éxécutez pas, je vous dénonce au Grand Ho, et là vous rigolerez moins...
Alors, les Nouilles Garnies à la Hanoïenne.
Pour 4, qu'ils disent.
Il vous faut:
-200g de biftèque émincé
-100g de crevettes décortiquées
-1 cuillerée de farine
-quelques branches de chou vert chinois, ou à défaut, une salade romaine
-400g de pâtes de riz plates & blanches
-1 pincée de glutamate (très bon pour alimenter votre Alzheimer, pour les amateurs)
-1 oignon
-du Nuoc Nam
-Poivre
-ciboule fraîche
-coriandre fraîche
Et vous devez faire ceci:
-cuire les pâtes de riz une dizaine de minutes dans l'eau bouillante.
-Les faire ensuite sauter dans de l'huile (moi j'ai pris sésame, on s'y croit encore plus).
-Réserver.
-Dans une grande poêle, faire revenir l'oignon hâché puis le boeuf et les crevettes,
et enfin les légumes.
-Saler au Nuoc Nam, poivrer, ajouter le glutamate (tiens mon petit Aloïs, tu vas être content).
-Lier avec la farine.
-Verser cette préparation sur les nouilles revenues.
-Agrémenter avec de la coriandre fraîche et de la ciboule fraîche également,
hâchée finement.
çA Y EST, les bannis, vous pouvez revenir!
...Et maintenant, un bout de la suite de mes aventures et de celles de Gwenhael, Hàng,
Nathalie, Isaac, Marianne, et d'autres peut-être, au Viêtnam.
Tintin ne fera pas d'apparition, je vous préviens, n'attendez pas...
Oh et puis tiens non, je fais faire durer le suspens...
Je suis invitée à manger thaï, ce soir (la salade aussi macère jusqu'à demain!)
Je vous envoie plutôt une belle photo:

...et des bises from Marseille, où les couleurs acidulées de la rue des couvertures en pétrole
me conservent encore un peu plus dans l'ambiance bangkoko-viêtnamienne!
À très vite, et bonne cuisine à tous!
Juliette
