lundi 19 février 2007

Kratie, la suite!

Bande de petits chanceux,
nos camarades de voyage nous ont pose un lapin
et me voici de retour dans la maison d'internet...
je suis en train de manger mon nouveau delice
favori, decouvert aujourd'hui:
La graine de tamarin au sucre-sel-piment!
Ici on trouve tout un tas de friandises au gout
hyper acide et piquant, tant mieux pour moi.
MAis revenons a nos moutons...
Vous attendez impatiemment la suite, n'est-ce pas?
Bien.
Nous dormimes donc a Kompong Cham,
et ce fut le nouvel an chinois.
Bandol dit que "comme beaucoup de Chinois
au Cambodge sont riches, les Cambodgiens fetent
aussi le Nouvel An chinois pour devenir aussi riches".
On ne voit pas de defile grandiose mais on entend
quelques petards (bien que les Cambodgiens,
bombardes jusqu'en 1999 a Battambang par
exemple, n'apprecient que moderement les explosions).
Et surtout, la plupart des commercants ont dans
leurs boutiques de tres jolis arbres (d'apres ma
vaste connaissance du monde vegetal je dirais
que ca ressemble a des genets) a fleurs jaunes
decores de motifs en carton rouges et dores,
et enrubannes de mini-ampoules jaunes ou
multicolores.
Ce qui arrive aussi immanquablement ce jour-la
et les 2 suivants, Chinois ou pas Chinois,
c'est la soudaine augmentation des prix.
"Pourquoi le kouitiou a double depuis hier?
C'est nouvel an chinois voyons!
Ah."
Enfin tout ca ne nous empecha pas de dormir
dans notre hotel de luxe...
Le lendemain, non non non, nous ne repartimes pas.
Non. Le lendemain -c'est-a-dire hier-
on se promeni dans la ville (14 millions d'habitants
au Cambodge, ca relativise la grandeur de ce qu'on
considere comme ville). Bandol alla chez le
coiffeur, et les eleves
-Shanri, Hong, Keh, Rahtii, Borei et Kakada-
dessinerent. Et ils dessinerent la rue, des commercants,
des gens...
Le soir (vers 16h30), la oui, nous sautames
sur nos bruyantes montures, et roulames
jusqu'a chez des amis de Bandol,
a une quarantaines de minutes de Kompong Cham.
Pour y aller on a traverse un pont au-dessus d'eau
(qui elle non plus ne m'a pas dit son nom),
c'etait tres beau. Des pecheurs tapaient sur l'eau
avec de longues tiges en bambou.
Pas loin on voyait leurs cabanes de peche,
en bois, sur de tres hauts et fins pilotis,
avec des constructions etranges en bambous
a cote, aussi dans l'eau..
En arrivant chez les amis nous fumes hydrates,
puis emmenes voir L'Arbre de Tim et Toum.
Un gros gros arbre, au tronc filandreux
comme un cou de catcheur, tres haut -et dont
mes vastes connaissances verduresques ne
me permettent pas de vous le nommer.
Sous cet arbre fut assassine Toum,
l'amoureux de Tim, afin de permettre a un sale
mechant d'epouser cette derniere.
L'amoureuse, helas pour le mechant, l'etait
eperdument. En consequence de quoi
elle s'auto-assassina au meme
endroit quand elle appris l'atroce nouvelle.
Une bien jolie histoire pour un bien joli arbre.
A 2 metres de l'arbre, qui trone sur un terrain vague,
un batiment en beton blanc qui s'effrite, d'ou sortent
des hommes ivres finissant leur chanson
de karaoke sur le parking.
Le Cambodge, un pays fascinant alliant A LA FOIS
tradition ET modernite...
Apres cette minute culturelle,
nous revoici chez les amis.
Promenade dans le champ de bananiers derriere
chez eux, coucher de soleil liquoreux sur les
palmiers a l'horizon, EXPLOSION de
hurlements de cigales hysteriques...
Et enfin, nous dinons!
Une foule de poissons grilles en delire
se jette sur la table (=le tissu bleu sur le gazon),
des assiettes antieres de LEGUMES crus
s'etalent sous nos yeux, des milliers de petits
bols de la meilleure sauce du monde
proliferent, des saladiers de boeuf a l'oignon,
des bols de sauce de micro-crevettes a gros yeux,
des monticules de poivrons-carottes-foie...
Tant de delicieusetes n'avaient pas enchante nos
papilles depuis des lustres.
Pour un peu j'en aurais perdu mon latin,
chamboulee par cette veritable nourriture,
moi qui en avais quasiment oublie l'existence.
(le kouitiou et autres plats
d'os et de cartilage de viande non-identifiable
poses sur riz, ca nourrit,
ca n'enchante pas du tout les papilles...).
Heureux et repus, nous nous en retournames
passer une autre nuit au Moronom Hotel.
Et ce matin, nos fesses desormais en beton arme
nous reposames sur nos fideles destriers,
pour grignoter de la route au kilometre...
On petit-dejeuna quelque part oú les gens
etaient tres gentils -et les chiens tres pourris,
c'est un invariant au Cambodge-
puis dejeunames vers Snoul il me semble.
Sur la route, nous nous sommes arretes sur un pont.
On est tous descendu se jeter dans un cours d'eau
dans lequel se lavaient quelques familles.
Apres des kilometres et des kilometres de
paysage grille, de foret brulee, de route carbonisee,
de vent a 45 degres, cette baignade nous a sauve
de la folie. C'etait genial! L'eau etait tiede,
des poissons brillants volaient entre nos doigts de
pieds, les enfants se cachaient derriere leurs meres
en voyant Lisa et moi...
Et maintenant, nous sommes a Kratie.
Ca a l'air tres joli, avec cette grande eau le long de
la ville...
Le soleil est en train de se coucher dessus,
je le vois depuis la fenetre de la maison,
c'est calme et eblouissant...
Je vous embrasse tous
et vous souhaite un aussi rose coucher de soleil!
Bises***

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